Toulouse : quels quartiers éviter ? Guide pratique pour nouveaux arrivants

Location04/02/26
Partager l'article sur :
Toulouse : quels quartiers éviter ? Guide pratique pour nouveaux arrivants

À Toulouse, les difficultés de sécurité ne sont pas uniformes : elles se concentrent dans quelques zones sensibles et, au sein même de ces secteurs, dans des poches très localisées, souvent plus marquées le soir. Pour vous installer ou circuler sereinement, l’enjeu est donc d’identifier les micro-secteurs à surveiller (notamment la nuit) et d’adopter des réflexes simples, vérifiables et proportionnés.

En bref

  • Quartiers le plus souvent cités comme sensibles : Grand Mirail, Empalot, Izards-Trois Cocus, et certains micro-secteurs autour de Matabiau la nuit.
  • Repère utile : 46 963 crimes et délits recensés en 2020, taux global 81,17 pour 1 000 habitants, avec des catégories dominantes en vols et dégradations (50,62 ‰).
  • Mesures en cours : vidéosurveillance passée de 400 caméras (2014) à plus de 700, et ouverture d’un poste de police municipale de 1 200 m² (avril 2024).
  • Méthode recommandée : croiser données publiques, repérage terrain et visites à plusieurs horaires, sans stigmatiser l’ensemble d’un quartier.

Ce que disent les indicateurs, et leurs limites

Au regard des données disponibles, Toulouse se situe à un niveau intermédiaire selon un indice de criminalité de 50,48 en 2024 (source participative Numbeo, à manier avec précautions). Pour 2020, 46 963 crimes et délits sont recensés, avec un taux global de 81,17 pour 1 000 habitants, ventilé notamment entre violences aux personnes (15,48 ‰), vols et dégradations (50,62 ‰), trafics de stupéfiants (7,95 ‰) et autres délits (7,12 ‰). Ces séries doivent toutefois être lues avec prudence : sous-déclaration, décalage temporel et écarts entre périmètres administratifs peuvent brouiller la comparaison fine d’un secteur à l’autre.

Un point opérationnel ressort : les incidents ne se répartissent pas uniformément. Les 18 quartiers prioritaires regroupant 67 280 habitants, soit environ 7 % de la population, concentrent une part disproportionnée des signalements. Dans la pratique, cela justifie une approche « micro-géographique » : une rue peut être plus exposée qu’une autre, à quelques minutes de marche.

Quartiers et secteurs à surveiller en priorité

Grand Mirail (La Reynerie, Bellefontaine, Faourette, Bagatelle, Bordelongue) est fréquemment mentionné parmi les secteurs les plus sensibles, avec des difficultés sociales marquées et une présence de trafics décrite comme structurante. Le secteur fait l’objet d’une rénovation urbaine (PNRU-NPNRU) lancée en 2017, avec un programme annoncé à 1 milliard d’euros sur 10 ans, dont les effets se mesurent généralement à moyen et long terme.

Empalot cumule fragilités sociales (52 % des ménages à bas revenus, chiffre cité) et épisodes de violence rapportés, dans un contexte de transformation urbaine : démolition prévue de 1 200 appartements et construction de 1 900 logements neufs, dont près de 50 % en accession libre. Pendant les travaux, l’incertitude peut augmenter pour les résidents, notamment en matière d’ambiances de soirée.

Izards-Trois Cocus est décrit avec une délinquance persistante et une présence de dealers parfois mineurs. Des projets (NPNRU et nouvelle station de métro) sont présentés comme des facteurs possibles de désenclavement, à suivre dans le temps.

En centre-ville, le risque est davantage « situé » : autour de Matabiau et dans certains micro-secteurs, des phénomènes de deal de rue et de prostitution sont signalés, avec un sentiment d’insécurité plus net la nuit, notamment après 22 h.

Secteur Risques cités Repère pratique
Grand Mirail Trafics, insécurité ressentie Vérifier l’impact des chantiers PNRU-NPNRU
Empalot Violences rapportées, période de travaux Visiter en journée et après 22 h si possible
Matabiau et micro-secteurs proches Deal, prostitution, pickpockets Axes éclairés, transports plutôt que marche isolée

Démarche de vérification avant de choisir un logement

Quand j’accompagnais des proches nouvellement arrivés, la différence se faisait rarement sur un « quartier » au sens large, mais sur un itinéraire concret entre métro, commerces et immeuble, observé à deux horaires distincts. Dans ce cadre, il convient de procéder par étapes, en privilégiant les sources publiques et l’observation directe.

  • Préparer : consulter Open Data Toulouse Métropole, le Ministère de l’Intérieur, l’INSEE et l’Observatoire Toulousain de la Sécurité, et garder en tête les limites de Numbeo.
  • Vérifier sur place : visiter à plusieurs créneaux, dont une plage après 22 h, et questionner commerçants et voisins sur les nuisances récurrentes.
  • Sécuriser : privilégier des trajets éclairés, éviter les déplacements isolés tardifs, et noter les numéros 112 et 17 pour un signalement immédiat.
« La bonne décision n’est pas d’éviter une ville, mais de documenter un secteur, une rue, un horaire, puis d’organiser vos déplacements en conséquence. » Jean Valjean

Points de vigilance et prévention des risques

Attention : ne confondez pas perception et données, et évitez toute généralisation sur les habitants. Les règles varient selon les organismes et les périmètres statistiques ; une comparaison pertinente repose sur des indicateurs homogènes et datés. À noter : l’augmentation des moyens (plus de 700 caméras, poste municipal ouvert en avril 2024) peut améliorer la situation, mais les effets peuvent prendre du temps et certains phénomènes se déplacer.

indicateurs-de-donnees-cameras
  • Si vous rentrez tard : privilégiez métro, taxi officiel ou VTC plutôt que la marche isolée, surtout près de Matabiau.
  • Si vous visez un quartier en rénovation (Grand Mirail, Empalot, Izards) : demandez le calendrier de chantier et évaluez l’ambiance à différentes heures.
  • En cas d’incident ou de danger immédiat : composez le 112 ou le 17.

À propos de l'auteur

Jean Valjean

Jean Valjean

Jean Valejan